Les B17S de la RAF

 

Plusieurs mois avant que les quadrimoteurs de l'Oncle Sam ne se mettent à sillonner les cieux Européens, la Grande Bretagne, isolée du continent, poursuivait tant bien que mal la guerre en Europe en s'appuyant sur sa force aérienne.

En mars, les Etats-Unis ratifièrent l'acte du prêt-bail, assurant l'aide américaine envers tout pays dont la protection était considérée par le Président comme indispensable à la sécurité des Etats-Unis.

Immédiatement, la RAF exprima le besoin d'acquérir plusieurs exemplaires des nouvelles Forteresses Volantes de Boeing. Bien qu'ayant elle même des commandes non livrées, l'USAAF accepta la livraison de 40 B17C, qui seront relativement peut modifiées avant d'arriver en Grande Bretagne, mais verrons leurs armes de cal.30 passé au calibre .50 et adopterons des reservoirs auto-obturants.

Le révolutionnaire viseur Norden ne sera pas exporté, laissant place à un viseur de bombardement plus rustique, le Sperry.

Ces appareils, désignés modèles 299T par le constructeurs, deviendront Fortress I au sein de la RAF.

Alors que l'USAAF ne considérait pas le B-17C suffisament mûr pour être envoyé au combat, et avait déjà poussé Boeing à mener ces études sur le B-17E, première véritable forteresse volante, la RAF était si desespérée qu'elle s'accomoda de ces premières versions.

Les Fortress I furent affectées au Squadron 90, basé à West Raynham.Leur carrière commença mal, puisque la première Forteresse à atterir en Grande Bretagne brisa son train sur la piste suite à une approche trop brutrale, et ne revola jamais, servant de reserves de pièces pour ces congénères.

La RAF prévoyait d'envoyer ces Fortress I en mission de bombardement diurne sans escorte au dessus de l'Europe, faisant confiance en sa puissance de feu tant vantée par les journalistes américains pour repousser les chasseurs Allemands.

La première mission des Fortress I les mena sur Wilhelmshaven, le 8 juillet 1941.

3 appareils y prirent part, mais des problèmes de moteur obligèrent l'un d'entre eux à se déporter vers un objectif secondaire plus accessible.

Les deux autres bombardèrent les installations navales du port Allemand depuis une altitude de 10.000 mètres, sans enregistrer aucun coup au but. Les équipages souffraient du froids ambiant à ces très hautes altitudes, et découvrirent que leurs armes de bord gelaient et n'étaient pas apte à ouvrir le feu.

Malgré l'echec de l'attaque, tous les appareils rentrèrent à la base.


Le 24 juillet, un groupe de Fortress I attaqua les installations navales de Brest.

Encore une fois, depuis les 10.000 mètres de l'altitude de bombardement, le viseur Sperry s'avéra impécis et la cible fut encore manquée.

Des chasseurs Allemands abordèrent la formation, qui parvint à ramener tous ces avions en Angleterre.

L'une des Forteresse avait encaissé tant de dégats qu'elle s'écrasa à l'atterrissage.

Plus tard, une troisème Forteresse brula dans un incendie accidentel s'étant déclaré sur la base.

3 Fortress I menèrent une mission sur Oslo, interceptées par la Luftwaffe, aucune ne rentra...

L'une d'elle tomba en territoire occupé dans un assez bon état, offrant aux Allemands le premier sujet d'étude d'un appareil qui allait bientôt hanter leurs esprits.

Une septième Fortress I fut perdue par accident durant un essais d'équipement à haute altitude.

En Septembre 1941, les Fortress I avait mené 22 attaques, notament sur Brême, Brest, Emden, Kiel, Oslo et Rotterdam.

Sur les 39 sorties d'avions impliqués dans ces attaques, 18 avaient avorté à cause de problème technique, et 2 avaient été déviées vers des cibles secondaires. 8 avions avaient été perdues au combat ou suite à des accident.

Découragée par ces résultats, la RAF décida d'abandonner sa stratégie de bombardement diurne en Europe.





4 Fortress I furent par la suite envoyé au Moyen-Orient, où, dès mai 1942, elles effectuèrent des attaques nocturnes sur Benghazi et Tobrouk.

Entre février et avril 1942, 5 autres Fortress I basées en Angleterre furent transférées vers le Coastal Command.

Le Squadron 220 en employa 2 pour escorter les convois maritimes, en l'attente des nouvelles Fortress IIA. Les squadron 206 et 59 en utilisèrent pour entrainer ces équipages aussi en attente des nouvelles Forteresses.

Une Fortress I parti pour l'Inde en juillet 1942, où elle fut receptionnée par l'USAAF.

Au final, les débuts opérationnels de la Forteresse Volante furent un echec.

L'appareil souffrit de nombreuses pannes mécaniques en vol, l'armement ne supportait pas le vol aux altitude opérationnelles de l'avion, et s'avérait insuffisant pour repousser des chasseurs determinés.

Il s'avéra très difficile de mettre un coup au but depuis ces hautes altitudes, surtout sans le Norden.

Les nouvelles versions avaient besoin d'un armement défensif amélioré, de voler en plus grandes formations pour se couvrir mutuellement, et les équipages devaient être mieux entrainés.

Malgré tout, les équipages de la RAF trouvèrent leurs Fortress I facile à piloter, agiles en dépit de leur taille, et stable durant le bombardement.